Bio

Artiste céramiste française née en 1983, je vis et travaille à Paris.

Formée aux arts appliqués, aux arts plastiques, aux méthodes d’enseignement, à la médiation culturelle, et nourrie par le Land Art, l’Arte Povera, l’Art singulier, j’ai d’abord expérimenté la photographie, la vidéo, l’installation et la performance.

Puis les racines s’encrent sur la feuille blanche et sur fond de cartes à gratter. De blanches figures prises entre terre et ciel se courbent, se recroquevillent, s’entrelacent, s’étirent et se détachent de la page noire comme pour embrasser l’air.

Le modelage fait suite à ces années de pratique du dessin, aux motifs répétitifs; la terre est devenue le matériau d’un renouvellement permanent.

Je sculpte aujourd’hui principalement les corps et leurs fragments dialoguant avec les instants originels. Aux allures d’Ex Voto, ils sont les témoins d’histoires, les miennes, peut-être les vôtres, remplies de doutes et de désirs, les vestiges de sentiments communs, d’un troublant présent où les rêves se glissent dans les failles d’un avenir incertain.

Par les expériences de la marche, de la danse, du repos, de l’étreinte, je ressens le besoin vital d’animer l’argile pour célébrer la beauté des corps dans leurs profonds désespoirs et leurs plus grandes jouissances.

J’enseigne à la MJC Mercoeur et mon atelier se situe à L’Orfèvrerie.

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Inspirez. 

Ici gît une forme pleine, lisse, lourde. Impasse, étouffement, urgence, faire le vide. Ouvrir. Creuser, encore, encore, risquer, sentir la limite, ne pas briser. Ralentir, en douceur, lisser, caresser, soulager. Refermer. Se sentir léger, renaître, plein de ce vide. 

Expirez. 

Encore. Répéter, une, deux, trois, vingt fois, à l’infini. Répéter le geste, répéter la forme, en série, mais jamais à l’identique. Uniques et précieuses entités créées du plein de la main et du bout du doigt, les formes naissent et se mêlent dans une danse commune.

Danser. Tourner. Tourner, tourner pour oublier. Oublier un instant, s’oublier, se perdre, s’alléger, s’envoler. En suspens. Entre ciel et terre. Etre là, être vide. 

C’est ça ou tu tombes. Tu tombes et risques la fracture. 

Précieuse et fragile coquille, prend soin de tes entrailles et couve le monde de la force d’être toi.

Texte extrait de l’exposition Absence à Listastofan (Reykjavík, Islande) en 2018.